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CYPRÈS DE CHEZ NOUS
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L'ASSOCIATION Naissance et histoire de l’association
En mars 2010 l'association est forte de 53 adhérents
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Pourquoi ce nom de "cyprès de chez nous ? |
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Le Mot du Président
« de la passion de l’esthétisme à l’intérêt pour le développement durable »
Axe de travail pour le bois :
Organiser, pour la première fois depuis sa création, l’assemblée générale de notre association
dans une scierie locale du Finistère proche du littoral, n’est pas un hasard. C’est au contraire un
symbole de l’intérêt exhaustif, que notre association porte à cet arbre. En effet, son usage comme bois
d’oeuvre, dispensé de tout traitement, intéresse les architectes, les menuisiers et les scieurs. En outre,
produit et utilisé en Bretagne, il serait en cohérence avec la politique de développement durable.
Cependant, deux handicaps majeurs brident ce voeu :
• Le premier, que nous connaissons bien : la raréfaction des arbres.
• Le second, qui est à résoudre : l’absence d’informations sur les caractéristiques techniques
de son bois.
Cette prise de conscience débouche sur un certain nombre d’interrogations et d’axes pour notre
travail :
• établir un partenariat avec une école du bois pour que des tests mécaniques soient
réalisés ;
• obtenir que les caractéristiques mécaniques soient authentifiées et validées pour un
usage dans la construction.
Les questions :
• Pourquoi le Cyprès de Lambert n’a t il pas été planté en masse au même titre que le
pin maritime ?
• Des expériences décevantes ont-elles été tentées dont nous n’avons pas
connaissance ?
• Est-ce parce que la production du pin maritime était plus aisée qu’il lui a été
préféré ?
• Existe t-il des territoires sur la planète, propices à la végétation du Cyprès de
Lambert sur lesquels de véritables productions forestières existent où nous
pourrions acquérir des connaissances supplémentaires ?
Notre association s’était donnée pour objet «de faire connaître et promouvoir le Cyprès
de Lambert ou Cupressus macrocarpa » et parmi les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir
l’article 3 des statuts a prévu : « L’étude, l’expérimentation, la recherche, en vue de mieux connaître le
Cyprès de Lambert dans toutes ses composantes : culturales, productives, environnementales, paysagères,
culturelles sociales….
Les membres fondateurs de l’association avaient bien imaginé que ce Cyprès là, possédait plus de
ressources qu’ils ne les voyaient au moment de la création de ‘Cyprès de Chez Nous’.
En effet, à la fin des années 90 nous prîmes conscience de la diminution de la population du
Cyprès de Lambert et à terme, du risque de sa disparition. Le regard que nous portions alors, était
essentiellement esthétique. En effet, chacun d’entre nous trouvait et trouve dans le port de cet arbre,
son écorce, ou ses branches, lorsqu’il est adulte, un graphisme remarquable. Ce port, comparable à
celui du cèdre du Liban devient étonnant lorsqu’il est façonné par les vents du littoral. Il fait parti du
patrimoine paysager du littoral de la Bretagne.
Cet intérêt que nous portions ne fut pas celui qui fut à l’origine de l’implantation du Lambert en
Bretagne. Une étude passionnante, découverte par Charles VIALA, apporte des éléments
d’informations historiques et de réflexions sur les mutations de paysage, leurs causes et leurs
conséquences depuis 150 ans dans le Morbihan. (1)
Dans ce document : « Les boisements de conifères du Morbihan, de l’environnement au
paysage » entre autres éléments de l’étude, l’auteur observe avec pertinence les relations
contradictoires qu’entretien le public avec l’arbre sujet isolé, le boisement, le reboisement, et l’idée
qu’il se fait des essences autochtones et allochtones comme identifiant patrimoniaux ou non, d’un lieu.
Ainsi pour illustrer les observations de cet auteur, qui d’entre nous n’a pas entendu dire que :
« les camélias, les rhododendrons, les azalées, les hortensias étaient de vraies fleurs de Bretagne »
celles ci furent bien naturalisées à la même époque!!! Pour le Cyprès, mal identifié, l’image est plus
floue : Il est avant tout, un conifère.
Lorsque le Cyprès de Lambert fut véritablement introduit sur les côtes bretonnes fin du 19ème, il
le fut avec le pin maritime (Pinus pinaster) issu du sud de la France, du Portugal et du Maroc dans le
cadre de grands travaux de fixation des cordons dunaires de l’atlantique. Les qualités de leurs systèmes
racinaires, leur acceptation de sols pauvres et souvent acides, la capacité à résister aux vents marins et
à son sel en firent d’excellents outils pour arrêter le déplacement des dunes. Alors que le pin maritime
trouva un usage forestier important dans le boisement des landes et des dunes, le Cyprès resta confiné
dans son rôle initial de fixateur de sol puis, de brise vent pour les exploitations agricoles du littoral.
Parallèlement, il fut utilisé comme ‘thuya de bord de mer’ pour des haies séparatives des résidences
secondaires du littoral. Aujourd’hui, les Cyprès qui dominent de leur port remarquable des habitations
sont, pour la plupart d’entre eux, des rescapés d’une haie disparue. Fin des années 70, l’arrivée sur le
marché du Cyprès de leyland, plus facile à produire et d’une population plus homogène puisque issue
de bouture et produit en container, détrôna le Lambert. Dans les années 1980-90 la mode fut, dans les
jardins, ‘tout sauf du conifère’ à qui était conférés tous les maux. L’ouragan de 87 en déracinant des
arbres dans la force de l’âge fut le coup de grâce porté au Cupressus macrocarpa. Ce désamour pour le
conifère en général et pour le Lambert en particulier n’incita pas à s’y intéresser pour des
reboisements.
Cependant, il y eu toujours quelques professionnels pour le défendre, comme Maurice NICOLAS
qui, en 1993 établit un mémoire d’une vingtaine de page pour le Centre Régional de la Propriété
Forestière de Bretagne (CRPF) intitulé : « Le Cyprès de Lambert » « Un arbre pour la Bretagne
maritime » dans lequel sont explorées toutes les capacités de cet arbre.
Pour l’avenir, le rapport que nous connaissons aujourd’hui entre le Cyprès de
Lambert et le paysage changera.
Que ce soit :
• Dans l’espace urbain, où il ne sera plus planté ni en haie ni en élément isolé. Les surfaces
des propriétés s’étant réduites le Cyprès n’a plus sa place à proximité de l’habitat.
• En milieu rural proche de la cote, pour lequel les programmes de reconstitution de talus ne
prévoient pas de Lambert ce qui est cohérent avec la fonction et la gestion des haies bocagères et (ou)
des boisements linéaires.
• Sur l’espace du littoral public, où le Conservatoire du littoral ne renouvellera pas sa
population, car une politique stricte de sauvegarde et protection des espèces endémiques est suivie. La
réhabilitation des landes dans le cadre du programme Natura 2000 est de plus, peu compatible avec la
coexistence de conifères comme le Cyprès de Lambert, du pin sylvestre et à fortiori du pin maritime
le plus colonisateur.
Où replanter où reboiser ?
Pour l’intérêt suscité par « l’arbre remarquable » ne faudrait-il pas augmenter nos efforts de
promotions auprès des concepteurs et des maîtres d’ouvrage public pour que le Lambert soit plus
souvent préconisé dans des espaces publics proches du littoral. ? La mode est aux palmiers ? A nous
d’être pédagogue et persuasif pour que, en nous appuyant sur des exemples, nous donnions envie que
soient replantés des Cyprès de Lambert. Ainsi, dans quelques décennies, pourront-ils constituer des
éléments structurants et remarquables du paysage et émerveiller le public comme ils nous émerveillent
aujourd’hui.
Pour les reboisements, bien que non normalisé, l’intérêt du bois du Cyprès de Lambert n’est
plus à démontrer.(2) Cependant les changements d’occupation des sols créent de plus en plus de
conflits avec les usagers riverains et des associations de défenses souvent utiles mais parfois contre
tout, et son contraire. Il nous faudra réfléchir avec les forestiers à des méthodes nouvelles de
reboisement qui permettent d’apporter la preuve que de nouveaux peuplements de Cyprès de Lambert
peuvent être en harmonie avec le paysage.
Conclusion
Ainsi, si les lieux de plantation des Cyprès de Lambert sont inévitablement différents de ceux
dans lesquels on l’admire aujourd’hui, l’incitation à sa replantation se trouve pleinement justifiée par
l’intérêt esthétique qu’il procure, pour lui, pour le paysage, autant que pour l’intérêt que suscite son
bois.
A l’association d’oeuvrer dans les prochaines années en direction des propriétaires, gestionnaires,
publics ou privés, pour les inciter à replanter cet arbre qui, utilisé avec bon escient, enrichira
l’environnement paysager et, dans l’esprit du développement durable, permettra d’accroître dans 60ans
une offre locale et complémentaire de bois d’oeuvre, sans nuire à la biodiversité.
Jean Pierre RUELLE
(1) Cette étude fut présentée par Mr Jean Mahaud à l’Ecole nationale du Paysage à Versailles en 2000
dans le cadre d’un séminaire annuel intitulé « Etape et recherches en paysage »
(2) Enquête de « Cyprès de chez nous » décembre 2006 janvier 2007 auprès des scieurs de Bretagne